Exposition photographique

Exposition photographique "Adíos"

Les photos de Jérôme Lagaillarde invitent à s’arrêter même si le titre de cette exposition Adíos invite à partir. S’il est question de
mouvement, il ne s’agit pas seulement de celui qui évoque l’idée d’un déplacement du corps, d’une trajectoire mais aussi d’une posture, d’un changement de posture et de regard, d’une vibration à saisir. Qu’il s’agisse des portraits ou des villes. Adios, c’est aussi la langue des origines de l’artiste, un retour donc.
On vous attend donc nombreux pour le vernissage de l’exposition jeudi 9 juin dès 19h30, au Paname Art Café.


Présentation d’Alexandra Houbé :

Les photos de Jérôme Lagaillarde invitent à s’arrêter même si le titre de cette exposition Adíos invite à partir. S’il est question de mouvement, il ne s’agit pas seulement de celui qui évoque l’idée d’un déplacement du corps, d’une trajectoire mais aussi d’une posture, d’un changement de posture et de regard, d’une vibration à saisir. Qu’il s’agisse des portraits ou des villes. Adios, c’est aussi la langue des origines de l’artiste, un retour donc.

Pourtant, elles invitent le spectateur au voyage, à suivre des lignes, à s’engouffrer dans une bouche de métro, à entrevoir un tourbillon dans un cadre. La question de la distance et du rapprochement circule à travers ces clichés à cause du champ choisi, plan serré sur les visages, plan large sur la ville et l’étendue d’eau.

Mais derrière ces tons de gris émerge aussi une grande liberté car la solitude choisie est celle de la méditation. Le tempo ralentit et on contemple l’horizon, les lignes qui le structurent.
Car Jérôme Lagaillarde aime l’ordre, les lignes géométriques qui cisèlent un paysage, des horizontales et des verticales, des lignes de fuite, celles qui dessinent l’urbanisme des grandes villes.
L’idée d’un ailleurs, toujours hors-champ contraste avec une des définitions de la mélancolie : la perte non identifiée de celui qui cherche mais ignore ce qu’il cherche…Cet ailleurs n’est pas introuvable, il est à construire par le spectateur, derrière le visage du paysan, au-delà de la vitre du train en marche, par-delà la brume autour du phare, au bout des rails.

Exposition de contrastes comme le travail de la couleur, des noirs très noirs rendus lumineux par une balance équilibrée.

Enfin, cette exposition révèle de manière plus intime après des années d’hésitation, la réalisation d’une passion ancienne pour la photographie, d’une abolition de la distance entre soi et soi, de ce mouvement accompli pour advenir. Encadrer ces clichés, les présenter, c’était dire adíos aux peurs, adíos à l’inaccessible. La poésie de ces photographies en est une belle réponse, un contre-pied, et conduit vers un apaisement, une consolation.